SANTÉ DES ABEILLES • VARROA
Mesurer la pression parasitaire du varroa dans une colonie d’abeilles
Le varroa peut se multiplier longtemps avant que ses conséquences deviennent évidentes. Mesurer la pression parasitaire permet de ne plus travailler à l’aveugle : on observe, on compte, on compare et on peut ensuite décider de manière beaucoup plus raisonnée.
Comment mesurer le varroa ?OBSERVER NE SUFFIT PAS
Pourquoi mesurer la pression parasitaire ?
Une colonie peut sembler active, populeuse et parfaitement normale tout en hébergeant une population de varroas en augmentation. Attendre de voir des parasites sur les abeilles ou des symptômes évidents revient souvent à découvrir le problème tardivement.
Mesurer
Obtenir une donnée plutôt que se fier uniquement à une impression.
Comparer
Suivre l’évolution d’une même colonie au cours de la saison.
Décider
Déterminer si la situation nécessite une attention particulière.
Contrôler
Vérifier ensuite que la pression parasitaire a réellement diminué.
COMPRENDRE CE QUE L’ON MESURE
Qu’est-ce que la pression parasitaire du varroa ?
Connaître approximativement le nombre total de varroas d’une ruche n’est pas nécessairement l’indicateur le plus simple à interpréter. Une colonie de petite taille et une très grosse colonie ne supportent pas de la même manière un nombre identique de parasites. On utilise donc notamment la notion de varroas phorétiques pour 100 abeilles, souvent abrégée en VP/100 abeilles.Il s’agit d’un rapport entre le nombre de varroas retrouvés sur les abeilles adultes prélevées et le nombre d’abeilles examinées. C’est un indicateur particulièrement intéressant pour suivre la pression exercée par le parasite.
Mesurer permet d’évaluer la pression du parasite avant l’apparition de signes évidents.
LE RÉFLEXE À ACQUÉRIR
Ne pas demander « Est-ce que j’ai du varroa ? »
mais
« Quelle est actuellement la pression du varroa dans ma colonie ? »
La présence de Varroa destructor est aujourd’hui une réalité dans la très grande majorité des ruchers. L’objectif du suivi est donc surtout de connaître son niveau et son évolution.
PASSER DE L’OBSERVATION À LA MESURE
Comment mesurer la pression parasitaire du varroa ?
Plusieurs méthodes permettent de suivre l’infestation. Elles ne mesurent pas exactement la même chose et peuvent être utilisées à différents moments de la saison.
Chutes naturelles
Un lange placé sous un plancher grillagé permet de compter les varroas qui tombent naturellement de la colonie.
Simple • non destructive • intéressante pour le suivi
Sucre glace
Un échantillon d’abeilles est recouvert de sucre glace afin de décrocher une partie des varroas phorétiques et permettre leur comptage.
Les abeilles peuvent être remises dans la colonie.
Lavage d’abeilles
Un échantillon d’ouvrières est lavé afin de décrocher les varroas phorétiques et de calculer leur proportion.
Méthode utile pour obtenir un indicateur immédiat.
Le lange permet de suivre les varroas tombant au fond de la ruche.
MÉTHODE N°1
Compter les chutes naturelles sur lange
Cette méthode est particulièrement intéressante pour l’apiculteur qui souhaite surveiller ses colonies avec peu de perturbations. Un lange est installé sous le plancher grillagé afin de récupérer les varroas qui tombent. On compte ensuite les parasites présents et on ramène le résultat à une moyenne de varroas tombés par jour. Un comptage réalisé sur plusieurs jours est préférable à une observation extrêmement courte, car les chutes peuvent varier.À surveiller
Débris, fourmis et autres éléments présents sur le lange peuvent compliquer le comptage. Apprendre à reconnaître correctement un varroa est donc indispensable.
Le comptage sur lange en 4 étapes
Installer
Placer correctement le lange sous le plancher grillagé.
Attendre
Laisser passer une durée suffisante pour obtenir un relevé exploitable.
Compter
Identifier et compter les varroas présents sur le lange.
Calculer
Diviser le nombre obtenu par le nombre de jours de mesure.
UNE INFORMATION, PAS UNE INTUITION
Un comptage change complètement la manière de regarder sa colonie
« Mesurer permet de décider à partir de ce qui se passe réellement dans la ruche, et non de ce que l’on suppose. »
MÉTHODE N°2
Mesurer les varroas phorétiques sur les abeilles
Une autre approche consiste à prélever un échantillon d’abeilles adultes et à mesurer le nombre de varroas qu’elles portent. Un prélèvement d’environ 300 abeilles est couramment utilisé. Il permet ensuite d’exprimer le résultat en nombre de VP pour 100 abeilles. Cette mesure donne une photographie de la pression parasitaire au moment du prélèvement.Attention à la reine
Avant de constituer un échantillon d’abeilles, il faut impérativement s’assurer que la reine ne se trouve pas dans le prélèvement.
Un prélèvement représentatif permet d’exprimer l’infestation en VP/100 abeilles.
LE CALCUL
Comment calculer les VP/100 abeilles ?
Nombre de varroas comptés ÷ nombre d’abeilles prélevées × 100
EXEMPLE
6 varroas trouvés sur 300 abeilles
6 ÷ 300 × 100 = 2 VP/100 abeilles
Avec un prélèvement de 300 abeilles, le calcul est particulièrement simple : diviser le nombre de varroas trouvés par trois donne la valeur correspondante pour 100 abeilles.
DONNER DU SENS AU CHIFFRE
Comment interpréter la pression parasitaire ?
Un résultat n’a de sens que replacé dans son contexte. La saison, la dynamique du couvain, l’état de la colonie, les interventions précédentes et les conditions locales doivent être pris en compte.
VP/100 au printemps
Un seuil d’intervention autour de 1 VP/100 abeilles est communément utilisé comme repère au printemps.
VP/100 en été
Un repère autour de 3 VP/100 abeilles est utilisé en été dans différents travaux de suivi.
La tendance compte
Deux ou plusieurs mesures successives montrent si la pression reste stable ou augmente rapidement.
Attention : un seuil n’est pas un chiffre magique
Ces valeurs sont des repères issus de travaux et de pratiques de surveillance. Elles ne doivent pas être interprétées comme une frontière universelle valable pour chaque colonie, chaque région et chaque moment de l’année.
Apprendre à mesurer, c’est apprendre à décider
Lors d’une formation, le comptage devient beaucoup plus parlant lorsqu’on réalise réellement les gestes, que l’on observe les parasites et que l’on apprend à interpréter les résultats.
Découvrir les formations ruche WarréQuand mesurer la pression du varroa ?
Le suivi prend tout son intérêt lorsqu’il accompagne la colonie au cours de la saison plutôt que d’être réalisé uniquement lorsque quelque chose semble aller mal.
Printemps
Évaluer le niveau de départ et détecter une pression déjà excessive.
Début d’été
Surveiller l’augmentation de la population parasitaire.
Après récolte
Période stratégique avant la production des abeilles d’hiver.
Après intervention
Vérifier que la pression parasitaire a réellement diminué.
Un suivi régulier permet de comparer l’évolution d’une colonie au cours de la saison.
SUIVRE PLUTÔT QUE SUBIR
Une mesure est utile. Plusieurs mesures racontent une histoire.
Un résultat isolé constitue une photographie de la situation. Une succession de comptages permet de voir une tendance. Pour chaque ruche, il est intéressant de conserver :- la date du comptage ;
- la méthode employée ;
- le résultat obtenu ;
- l’état général de la colonie ;
- la présence et l’importance du couvain ;
- les éventuelles interventions réalisées ;
- le résultat du contrôle suivant.
Ce suivi transforme progressivement le carnet de rucher en véritable outil de décision.
CONDUITE EN RUCHE WARRÉ
Faut-il mesurer le varroa lorsqu’on pratique une apiculture naturelle ?
Oui. Une conduite respectueuse des abeilles ne consiste pas à ignorer leur état sanitaire.
La ruche Warré peut permettre une conduite simple et relativement peu interventionniste, mais elle ne protège pas la colonie contre Varroa destructor.
« Intervenir moins ne signifie pas surveiller moins. »
5 erreurs fréquentes lors du suivi du varroa
Attendre les symptômes
Une colonie peut être fortement parasitée avant que le problème saute aux yeux.
Mesurer une seule fois
La population de varroas évolue tout au long de la saison.
Comparer des méthodes différentes
Pour suivre une évolution, conserver un protocole cohérent facilite la comparaison.
Oublier la saison
Un même résultat n’a pas nécessairement la même signification au printemps et en fin d’été.
Ne pas contrôler après
Après une intervention, mesurer à nouveau permet d’en évaluer réellement l’effet.
Le bon réflexe
Mesurer → noter → agir si nécessaire → contrôler → comparer.
QUESTIONS FRÉQUENTES
FAQ sur la mesure de la pression parasitaire du varroa
Peut-on savoir si une ruche a beaucoup de varroas simplement en la regardant ?
Non. L’observation générale de la colonie est importante, mais un comptage fournit une information beaucoup plus exploitable sur la pression parasitaire.
Combien d’abeilles faut-il pour mesurer les varroas phorétiques ?
Un échantillon d’environ 300 abeilles est couramment utilisé. Avec 300 abeilles, le nombre de varroas comptés divisé par trois donne la valeur pour 100 abeilles.
Quelle méthode ne nécessite pas de prélever des abeilles ?
Le suivi des chutes naturelles sur lange placé sous un plancher grillagé permet d’obtenir des informations sans prélever d’abeilles.
Une ruche Warré a-t-elle moins de varroas ?
Le type de ruche ne dispense pas du suivi de Varroa destructor. Une colonie en Warré peut elle aussi subir une pression parasitaire importante.
Pourquoi mesurer après un traitement ?
Parce qu’un traitement réalisé ne signifie pas automatiquement que la pression est devenue suffisamment faible. Le contrôle permet de vérifier le résultat obtenu.
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Comprendre le varroa
Découvrez son cycle, ses conséquences sur la colonie et les principes de lutte.
Tout savoir sur Varroa destructor →Traitements compatibles Warré
Comprendre les solutions disponibles et surtout pourquoi le moment d’intervention est déterminant.
Découvrir les traitements →Formation ruche Warré
Apprendre à observer une colonie, comprendre ses signaux et prendre les bonnes décisions.
Découvrir les formations →APPRENDRE SUR LE TERRAIN
Comprendre ce qui se passe réellement dans sa ruche
La mesure de la pression parasitaire fait partie des outils qui permettent de passer d’une apiculture basée sur les suppositions à une conduite fondée sur l’observation et la compréhension.
Découvrir la formation ruche Warré